Le public l’a découverte en 2003 dans la peau de Sunny, la petite peste de Match! (15/Love), aux côtés de Laurence Leboeuf. Dans Aurore, elle a joué Marie-Jeanne Gagnon, la sœur effrontée de l’enfant martyre. Dans Bon Cop Bad Cop, elle est Gabrielle, la fille du personnage de Patrick Huard. Et la liste continue de s’allonger. Elle s’appelle Sarah-Jeanne Labrosse et a eu tout juste 16 ans le 16 août dernier.
Sarah-Jeanne, parle-moi de ton rôle dans Eastern Promises (Promesses de l’ombre), de David Cronenberg.
Ç’a été tourné en Angleterre. J’y tiens le rôle de Tatiana, une héroïnomane enceinte de 14 ans. Un beau défi. J’y ai fait de belles rencontres professionnelles.
Qui, par exemple?
Naomi Watts, Vincent Cassel et Viggo Mortensen, celui qui a tenu le rôle d’Aragorn dans Le seigneur des anneaux. Il est venu jaser gentiment de tout et de rien avec mes parents et moi pendant une quarantaine de minutes. Viggo est vraiment très sympathique et se débrouille bien en français. Il est un grand fan de hockey, surtout du Canadien de Montréal.
Comment une fille de Repentigny en vient-elle à jouer dans des productions internationales?
Mon agent s’appelle Marc Hamou. Il m’a vue dans la télésérie Match! Il décroche beaucoup d’auditions en anglais pour moi. Il a aussi des contacts à Los Angeles, où il a un bureau.
Comment as-tu décroché le rôle de Gabrielle dans Bon Cop Bad Cop?
Les responsables de la distribution ont fait une première sélection dans les albums de photos d’enfants de différentes agences artistiques. J’avais le look qu’ils recherchaient. On m’a ensuite fait passer trois auditions.
T’es-tu sentie intimidée quand tu t’es retrouvée sur le même plateau que Colm Feore et Patrick Huard?
Ils ont été d’une très grande gentillesse avec moi. Ç’a été très impressionnant de les regarder travailler. On dirait que les traits de leur visage changent cinq minutes avant de tourner une scène. Quand le réalisateur crie «Action!», ils sont déjà dans la peau de leur personnage. Ç’a été un tournage très amusant.
Qu’est-ce qui est le plus difficile dans le travail d’une actrice?
Il faut être patient. L’attente entre deux scènes peut être interminable, mais ça ne me dérange vraiment pas. J’ai beaucoup de patience et quand les pauses se prolongent, je lis des magazines, je tricote ou j’écoute de la musique sur mon iPod.
Les exigences de ton métier t’empêchent-elles de vivre pleinement ta jeunesse?
(Étonnée:) Comment? Pas du tout! Au contraire. J’apprends plein de choses et j’ai l’occasion de voyager beaucoup avec ma mère (Chantal), qui m’accompagne à chaque tournage à l’étranger. J’ai eu la chance d’aller en Thaïlande, en Autriche et en Angleterre. J’y ai vu des choses incroyables! Et, malgré tout ça, j’ai du temps libre que je consacre à mes amis les fins de semaine.
Et en classe?
Je me suis toujours débrouillée. J’ai terminé mon secondaire 4, qui est habituellement l’étape la plus difficile. Mes professeurs acceptent bien mes absences. On m’accorde des périodes de rattrapage à l’école. Si j’éprouve plus de difficultés dans certaines matières, en mathématiques, par exemple, je suis des cours privés. Ma carrière ne nuit pas à mes études.
Tu t’es déjà classée 2e au Québec et 10e au tennis au Canada dans ta catégorie d’âge. En joues-tu encore?
Non; j’ai dû arrêter de jouer à cause d’une blessure aux genoux. Le jeu me manque. J’aimerais jouer au tennis toute ma vie, mais pas comme joueuse professionnelle.
Est-ce que ton métier t’empêche de tomber en amour?
Ben voyons! J’ai encore du temps à moi. Je ne suis pas occupée au point de ne pas avoir de chum!
As-tu un amoureux?
Non! (Elle éclate de rire.) 7J










